Workshop 2 “Le triangle d’exposition simplifié : apprenez avec un verre d’eau”
Le trio magique du photographe : ouverture, vitesse, ISO…
ou comment remplir un verre d’eau sans en renverser une goutte
En photographie, on parle souvent du triangle d’exposition : ouverture, vitesse et ISO. Au début, cela semble un peu intimidant — comme un code secret réservé aux ingénieurs ou aux alchimistes du labo. Mais pas de panique : nul besoin d’être scientifique ni magicien. Tout ce qu’il vous faut… c’est un verre d’eau.
Oui, vraiment. Ce simple verre explique tout. Imaginez que prendre une photo, c’est remplir ce verre exactement jusqu’au bord. Trop peu d’eau, il reste à moitié vide : votre photo est sous-exposée. Trop d’eau, elle déborde : elle est surexposée. Votre mission : le remplir juste comme il faut. Et pour cela, trois leviers magiques : l’ouverture, la vitesse et l’ISO.
1. L’ouverture : la taille du robinet
L’ouverture, c’est la taille de l’orifice par lequel passe la lumière. Un grand robinet laisse passer beaucoup d’eau rapidement, un petit robinet en laisse couler peu. En photo, elle contrôle la quantité de lumière qui entre dans l’objectif.
Mais elle influence aussi la profondeur de champ :
Une grande ouverture (f/2.8) laisse entrer plus de lumière et floute l’arrière-plan — parfait pour les portraits.
Une petite ouverture (f/16) garde tout net, du premier plan jusqu’à l’horizon — idéal pour les paysages.
L’ouverture ne gère donc pas que la luminosité : elle définit aussi le style et la sensation visuelle.
2. La vitesse d’obturation : combien de temps vous laissez couler l’eau
Si l’ouverture est la taille du robinet, la vitesse correspond au temps pendant lequel il reste ouvert.
Une vitesse rapide (1/1000 s) fige le mouvement : un oiseau en vol, une goutte d’eau suspendue.
Une vitesse lente (1 s, 2 s ou plus) traduit le mouvement : l’eau devient soyeuse, les nuages s’étirent, les lumières de la ville dessinent des traînées.
La vitesse, c’est le territoire de l’art et du mouvement. Mais attention : plus elle est lente, plus il faut être stable — un trépied devient vite votre meilleur allié.
3. L’ISO : la taille du verre
L’ISO, c’est la capacité du verre.
Un petit verre se remplit vite (ISO élevé).
Un grand verre demande plus d’eau (ISO bas).
Un ISO élevé (3200) rend le capteur plus sensible — utile quand la lumière manque — mais crée du bruit numérique. Un ISO bas (100) offre une image propre, mais nécessite plus de lumière.
La règle d’or : gardez l’ISO le plus bas possible et ne l’augmentez qu’en cas de besoin.
4. L’équilibre parfait : la recette de l’exposition
Grand robinet + courte ouverture du robinet = verre vite plein.
Petit robinet + temps long = verre plein aussi, mais lentement.
Petit verre = peu d’eau suffit.
En photo, il existe plusieurs combinaisons possibles pour une même exposition. Le choix dépend de votre intention artistique :
Grande ouverture → flou artistique.
Vitesse rapide → mouvement figé.
ISO élevé → photo possible en faible lumière.
L’exposition, c’est bien plus que la lumière : c’est l’art de raconter avec la lumière.
5. Les erreurs classiques
ISO trop haut → ciel plein de bruit.
Vitesse oubliée → sujet flou.
Ouverture mal comprise → fond trop net ou trop flou.
Chercher la formule magique → elle n’existe pas.
Mais ce sont ces erreurs qui vous font progresser. Et bonne nouvelle : en photo, on peut se tromper sans mouiller le plancher !
Conclusion : devenez plombier de la lumière
Photographier, c’est canaliser la lumière. Ajustez la taille du robinet (ouverture), le temps d’écoulement (vitesse) et la taille du verre (ISO) pour obtenir la juste exposition. Pas trop, pas trop peu — juste assez.
Alors, expérimentez, jouez, testez. Essayez les grandes ouvertures pour les portraits, les vitesses lentes pour les paysages oniriques, et laissez l’ISO vous sauver quand la lumière se fait rare.
La meilleure partie ? Pas de fuites, pas de serpillière.
Juste le plaisir de remplir votre verre de lumière, une photo à la fois.

