Workshop 3 “Un portrait au flash avec fond noir… sans fond noir”

Maintenant que vous maîtrisez les bases et que vous avez un peu pratiqué le triangle d’exposition, bonne nouvelle : vous avez déjà franchi l’étape la plus difficile. À partir d’ici, ce n’est plus que plaisir, lumière et pur bonheur photographique. Oui, rien de moins ! Après avoir transpiré sur l’ISO, l’ouverture et la vitesse, place à la partie amusante. Allons-y, amusez-vous avec ce troisième tutoriel.

Le portrait au flash avec fond noir… sans fond noir

Aujourd’hui, je vais vous montrer comment réaliser des portraits au flash avec un fond noir, sans pour autant utiliser de fond noir. Magique ? Pas du tout. C’est simplement de la technique teintée d’un brin de malice. Une fois le principe compris, vous ne voudrez plus jamais vous arrêter.

Le mythe du fond noir

Quand on imagine un portrait avec fond noir, on pense souvent au studio : grands fonds en velours, éclairages complexes, trépieds partout, ambiance sérieuse. Oui, un vrai fond noir fonctionne à merveille, mais il est encombrant, peu pratique en extérieur et souvent intimidant.

La règle d’or en photographie, c’est que ce que l’œil croit voir n’a pas besoin d’exister réellement. Vous pouvez créer l’illusion d’un fond noir simplement grâce à la lumière. Votre flash devient magicien, transformant n’importe quel lieu en décor obscur : salon, jardin, rue… si vous contrôlez la lumière, le fond disparaît.

Le principe magique : la lumière sélective

Tout repose sur l’équilibre entre lumière ambiante et lumière artificielle.

  • La lumière ambiante (soleil, lampe, néon) éclaire tout, y compris l’arrière-plan.

  • La lumière du flash, elle, n’éclaire que ce que vous choisissez : votre sujet.

Le fond noir apparaît donc lorsque vous tuez la lumière ambiante. Comment ? En réglant votre appareil pour que, sans flash, l’image soit presque noire. Ensuite, vous rallumez seulement le visage grâce au flash. Résultat : le sujet est visible, le fond disparaît, avalé par l’obscurité.

Étape 1 : Sous-exposez le fond

Première mission : faire disparaître l’environnement.

Éteignez le flash, cadrez votre sujet, et ajustez votre triangle d’exposition jusqu’à ce que l’image soit sombre.

Conseils rapides :

  • Vitesse rapide (1/200 à 1/250 s, selon la synchro flash).

  • ISO bas (100 ou 200).

  • Ouverture selon le rendu désiré (f/2.8 pour un flou doux, f/8 pour plus de netteté).

Si vous photographiez en plein jour, cherchez l’ombre ; le soir ou en intérieur, c’est plus facile.

Étape 2 : Faites revenir la lumière sur le sujet

Une fois le fond noir, il est temps de réveiller votre modèle avec le flash.

Idéalement, utilisez un flash déporté (tenu à la main ou sur un pied). Sinon, commencez avec celui de l’appareil.

Réglez la puissance : assez forte pour éclairer le visage, mais sans le surexposer. En général, entre 1/16 et 1/4 suffit. Testez, ajustez, goûtez, corrigez — la photo, c’est comme la cuisine.

Étape 3 : Modelez la lumière

C’est là que vous devenez artiste.

Un flash nu donne une lumière dure ; adoucissez-la avec un diffuseur, parapluie, softbox ou même une feuille de papier blanc. Agrandir la source, c’est adoucir les ombres.

Placez le flash légèrement au-dessus et sur le côté du visage pour un rendu classique et élégant (le fameux éclairage Rembrandt). Ou expérimentez : lumière rasante, dessous, arrière — c’est votre terrain de jeu.

Étape 4 : Les détails qui comptent

  • Plus le flash est proche, plus la lumière est douce.

  • Orientez le regard du modèle pour capter la lumière au bon endroit.

  • Évitez les lumières parasites sur le fond (fenêtre, lampe).

  • En post-traitement, renforcez le contraste et ajustez le noir pour sublimer l’effet.

Exemple concret

Fin d’après-midi, dans votre salon :

ISO 100 – 1/200 s – f/5.6

Sans flash, l’image est noire. Vous placez votre modèle près d’un mur clair, flash à gauche avec un diffuseur improvisé. Vous déclenchez : miracle ! Le visage apparaît lumineux, le mur disparaît.

Résultat : un portrait de studio sans studio. Vous venez simplement de maîtriser le jeu entre lumière et obscurité.

Variations créatives

  • Dramatique : éclairez un seul côté du visage.

  • Clair-obscur : ajoutez une faible lumière arrière pour un liseré lumineux.

  • Couleurs folles : insérez un gel coloré (rouge, bleu, vert).

Chaque essai devient une mini aventure créative.

Pourquoi ça marche ?

Parce qu’un fond noir isole le sujet et guide le regard. Pas de distractions, juste l’émotion.

C’est aussi un excellent exercice : vous apprenez à sculpter la lumière, compétence utile dans tous les domaines photographiques.

Conclusion : à vous de jouer !

Créer un fond noir sans fond noir, c’est simple :

  • Sous-exposez la lumière ambiante.

  • Ramenez la lumière sur le sujet.

  • Modelez-la à votre goût.

Le reste ? C’est du jeu, de la curiosité et de la passion.

Alors, prenez votre appareil, votre flash — et tentez l’expérience dès ce soir.

Chaque essai vous rapproche de la maîtrise.

Vous êtes désormais le magicien des fonds noirs.

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