Workshop 4 " La vérité sur les filtres transparents « de protection ».
De nombreux photographes, surtout débutants, achètent un filtre UV ou « de protection » qu’ils laissent vissé en permanence à l’avant de leur objectif. L’idée semble logique : protéger la lentille frontale des rayures, de la poussière ou des chocs. En réalité, cette habitude fait plus de mal que de bien.
Pourquoi ? Parce que les objectifs modernes sont conçus avec une précision optique exceptionnelle. Chaque lentille reçoit des traitements multicouches sophistiqués qui réduisent les reflets, améliorent le contraste et garantissent une netteté parfaite. En ajoutant devant une simple plaque de verre « neutre », on introduit une surface réfléchissante supplémentaire. Résultat : baisse de contraste, reflets parasites, images fantômes et perte de piqué. Autrement dit, on dégrade volontairement la qualité optique pour laquelle on a payé.
Autre point essentiel : la résistance des lentilles frontales est souvent sous-estimée. Le verre des objectifs est dur, traité contre les rayures, l’humidité et les traces. Dans 99 % des cas, un simple nettoyage soigneux suffit. Et si un choc sérieux survient, soyons honnêtes : le filtre ne sauvera pas l’objectif — il risque même de se briser et de rayer la surface qu’il devait protéger.
Faut-il pour autant bannir tous les filtres ? Non. Les filtres créatifs (ND, polarisants, dégradés) restent des outils artistiques puissants. Mais le filtre transparent ? Il ne sert à rien en photo, sinon à donner une fausse impression de sécurité au détriment de la qualité d’image.
En résumé : offrez à votre objectif un pare-soleil, pas un morceau de verre inutile. Il assure une vraie protection mécanique et améliore le contraste. Gardez vos images aussi pures que la lumière qui les façonne.

